La définition de la démocratie, selon un collectif basque : SCANDALEUX.

 

Sud-ouest : Publication de 22 mars 2017

Après avoir renoncé à la Maison des associations, c’est la salle Napoléon qui claque ses portes devant le parti d’extrême droite

Où Marion Maréchal Le Pen pourra-t-elle tenir la réunion publique du 11 avril (17 heures), projetée à Bayonne? Pour la deuxième fois en moins de deux semaines, le Front national (FN) doit envisager une nouvelle salle, sous la pression de ses opposants au Pays basque.

A peine connu le projet de « meeting » de la députée du Vaucluse, des appels à bruyamment manifester devant ses portes fusaient sur les réseaux sociaux. Mardi, c’est un collectif de 24 associations, syndicats et partis politiques qui appelaient officiellement à « venir couvrir le discours haineux et raciste du FN ». 

« Des idées que je ne cautionne pas »

Voilà une dizaine de jours, les représentants locaux du parti de Marine Le Pen renonçaient à leur idée première: réunir leurs troupes devant la nièce de la candidate à la présidentielle à la Maison des associations. Le secrétaire départemental et conseiller régional FN Jean-Michel Iratchet estimait alors le lieu « trop difficile à sécuriser », notamment en raison du vaste parking de Glain qui fait face aux installations.

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Le FN avait trouvé une solution de repli dans la salle Napoléon, en bord d’Adour, sur l’avenue Resplandy. Une salle privée. Mais ce mercredi matin, son gestionnaire a prévenu Jean-Michel Iratchet qu’il renonçait à louer les lieux au Front national. C’est Eric Maille qui a la charge de la salle. Il explique sa décision par deux préoccupations: « Je n’accueillerai pas le FN pour des raisons de sécurité et pour éviter tout amalgame avec des idées que je ne cautionne pas. »

« On me colle une étiquette »

Depuis qu’a filtré le repli de Marion Maréchal Le Pen et du FN à la salle Napoléon, Eric Maille essuie les reproches de son entourage. « Je constate, que je le veuille ou non, que ça m’implique. On me colle une étiquette. Or je ne vais pas m’investir personnellement pour un parti politique dont je ne partage pas les idées. »

Eric Maille avait accepté de louer la salle Napoléon au FN, comme il l’a souvent fait avec d’autres, « toutes étiquettes confondues, partis basques ou non ». « Je suis tout simplement pour la liberté d’expression. Mais je crois que je n’accueillerai plus de réunion politique. Du moins dans le cadre de la présidentielle.

Syndrome Sarkozy 

Les manifestations annoncées et la médiatisation d’une personnalité comme Marion Maréchal Le Pen, ravivent le souvenir de la venue de Nicolas Sarkozy en 2012. Pressé par les manifestants, le président de la République d’alors avait dû longuement se retrancher dans le bar du Palais. 

Fraîchement prévenu par Eric Maille, Jean-Michel Iratchet ne décolérait pas ce mercredi matin. « J’ai un contrat de location signé pour la salle et j’ai signé un chèque de caution au nom du FN. C’est une rupture unilatérale de contrat. Nous donnerons les suites nécessaires. » L’élu régional insiste: « Il y a le tampon du FN sur les documents que nous avons signés, on n’avance pas à visage couvert. »

« Atteinte à la liberté de réunion »

Jean-Michel Iratchet s’insurge contre « une atteinte à la liberté de réunion ». « Cela montre dans quel état est notre démocratie? Nous sommes en dictature molle. La démocratie, ce n’est pas pour nous. »

Le FN s’active désormais pour trouver une nouvelle solution de repli. Le collectif qui s’oppose à lui a pour sa part annoncé qu’il serait présent devant la salle Napoléon ou « tout autre lieu vers lequel serait déplacée la réunion ».

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Publié le 23 mars 2017, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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